Joris Karl Huysmans : de la décadence au mysticisme chrétien

huysmans-5 (1)Joris-Karl Huysmans , de son vrai nom, Charles Marie Georges Huysmans,  né le 5 juin 1848 à Paris et mort le 12 mai 1907 dans cette même ville, est un écrivain et critique d’art français, dont la majeure partie de l’oeuvre dresse un tableau d’un réalisme saisissant de la société française de la fin du XIXème siècle.

Huysmans est l’unique enfant d’un père néerlandais et d’une mère française. A l’âge de 20 ans il débute une longue carrière au Ministère de l’Intérieur, c’est durant cette période qu’il accomplira la majeure partie de son oeuvre.

En 1874, il publie à compte d’auteur, ” Le Drageoir aux Epices”, un recueil de poésies en prose, puis, un premier roman, inspiré de ses relations amoureuses avec une soubrette : ” Marthe Histoire d’une Fille”. Ses débuts prometteurs le font remarquer d’Emile Zola. Avec ” Sac au Dos”, sa nouvelle basée sur sa courte expérience militaire au sein de l’armée française durant le conflit franco-prussien, il collabore en compagnie de Maupassant et d’autres grandes figures du naturalisme français aux “Soirées de Médan”, recueil collectif de 6 nouvelles .

En 1879, il publie ” Les Soeurs Vatard”, qu’il dédie à Emile Zola; cependant, son style décadent, violent et désabusé, le marginalise.  Avec “En Ménage” et  “A vau l’eau” il commence déjà à se démarquer du courant naturaliste. Mais c’est avec “A rebours”, son roman le plus connu,  que le changement de style devient vraiment patent:  Des Esseintes, le personnage principal, dernier survivant d’une illustre et noble lignée, incarne la “quintessence”, si l’on peut dire, de l’esprit décadent de cette fin de XIXème siècle, il est, à l’instar de son créateur, animé par un profond dégoût de son époque, ce qui le contraint à se servir de ce que l’on  pourrait appeler de “moyens de s’évader”  (cette époque ressemble diablement à la nôtre…).

En 1891, il publie, fruit d’une curiosité intellectuelle, d’une quête spirituelle et surtout d’un fort attrait pour l’occultisme et les phénomènes surnaturels, le très controversé “là-bas”.  Cette “appétence”pour l’étrange, semble être le fruit de relations suivies avec divers praticiens de l’occulte, notamment un certain Joseph Antoine Boullan,prêtre défroqué, duquel il s’inspire pour créer le personnage du Docteur  Johannès.

Il fréquente parallèlement un autre homme d’Eglise : l’abbé Mugnier. C’est sur les conseils de cet ecclésiastique qu’il effectue une retraite à la Trappe d’Igny ainsi que plusieurs séjours à Saint Wandrille et à Solesmes. A Igny, il se confesse et reçoit la Sainte Communion; cette soudaine conversion racontée dans “En Route” puis, plus tard, dans  “La Cathédrale” (1898) et dont le récit  s’achève dans ” L’Oblat” (1903) fera beaucoup de bruit dans les milieux littéraires.

Consécutivement à l’aboutissement de son cheminement spirituel, Huysmans décide de prendre sa retraite et de mener une vie contemplative, en tant qu’oblat, à côté de l’abbaye de Ligugé.  Mais, conséquence de l’application de la loi sur les congrégations religieuses, les moines sont expulsés, Huysmans retourne à Paris, se retire chez les bénédictines de la rue Monsieur, puis, en 1906, publie sa dernière oeuvre,  “les Foules de Lourdes”.

Il meurt, dans de grandes souffrances, le 12 mai 1907;  sa mort est édifiante, il accepte avec calme et résignation toutes ses peines et ses douleurs et les offre à Dieu en expiation de ses péchés.

Huysmans était, par son père, descendant d’une lignée de peintres néerlandais , certaines oeuvres d’un de ses ancêtres, Cornelius Huysmans, sont même exposées au Louvre. Par son activité de critique d’art, il a contribué à promouvoir la peinture impressionniste et a permis au public de redécouvrir les artistes primitifs

Charles Meret Zolver