Hodie Christus natus est.

http://islandinthegrove.blogspot.com/2008/11/christ-king-today-is-solemnity-of.html

Honorer la Nativité de Notre Seigneur est pour les chrétiens, en quelque sorte, une évidence; Noël est même la fête la plus populaire dans le monde occidental. Dans de nombreux pays son arrivée se prépare plusieurs mois à l’avance. Son retentissement est tel qu’elle en arrive même à éclipser les autres solennités comme l’Epiphanie et la Résurrection de Notre Seigneur.

Mais Noël a-t-elle toujours été le point d’orgue de l’année liturgique, depuis quand est-elle célébrée?

A l’échelle de l’ère chrétienne cette solennité n’est pas si ancienne que l’on pourrait le croire; en effet, durant les trois premiers siècles, les fidèles ne célébraient qu’une seule fête : celle de la Pentecôte. En ce temps là, le terme “Pentecôte” ne signifiait  pas seulement la descente de l’Esprit Saint, mais  la Mort et la Résurrection de Notre Seigneur ainsi que les cinquante jours qui l’ont suivi. Chaque dimanche était considéré comme une fête par la célébration de la Sainte Messe, renouvellement non sanglant, du Sacrifice de Notre Rédempteur présent réellement dans la Sainte Eucharistie. Le point d’orgue de l’année liturgique étant la commémoration du temps pascal avec le baptême des  catéchumènes.

D’une manière générale, dans les premiers temps de l’Eglise, l’on mettait moins l’accent sur les faits historiques que sur le progrès spirituel des fidèles .

Ce n’est que vers le  quatrième siècle que se popularisa l’idée de célébrer la Nativité et la visitation des Mages. C’est d’ailleurs aux chrétiens de Jérusalem que l’on doit ces pratiques, chaque église de la Cité Sainte ayant coutume de célébrer les faits les plus marquants de la Vie de Notre Seigneur sur les lieux mêmes où ils se sont accomplis.

C’est Rome qui, la première, solennisa la Nativité dont la célébration fut fixée au vingt-cinq décembre.   Si nous considérons la période de l’année et les croyances, païennes en usage à l’époque, il est impossible de ne pas faire le rapprochement avec le solstice d’hiver, célébré sous le nom de Sol Invictus, ainsi que les Saturnales romaines ( C.F notre article sur l’épiphanie de 2016).

A l’origine, la fête n’était pas célébrée sous le terme de “Nativité” mais d’Epiphanie, (manifestation)  Notre  Seigneur se manifestant à travers plusieurs événements  antérieurs à sa Vie Publique, tels que Sa Naissance, l’ adoration des Mages, Son  Baptême.

La double commémoration de la Nativité et de l’adoration des Mages devint très vite l’occasion avec, plus tard, la vigile pascale, l’occasion d’administrer le baptême aux nouveau croyants.

C’est le pape Jules 1er qui, au quatrième siècle, fixa définitivement la célébration de la Noël au vingt-cinq décembre.

N’étant ni historien, ni exégète, nous ne prendrons pas part à  ces controverses dépourvues de sens, spirituel, sur la date de  naissance, avérée ou  supposée, de Notre Seigneur ; tant il est vrai que seul importe vraiment la fidélité à son Enseignement.

Tout comme les chrétiens des premiers siècles qui  devaient, dans une ardente charité, pratiquer le bon zèle pour  se démarquer d’un environnement encore très imprégné de paganisme, nous aussi nous devons dans une société presque totalement déchristianisée  et matérialiste, demeurer ferme dans la Foi et redevenir le Sel de la Terre.

Un Trésor National s’en est allé.

Mercredi six décembre 2017, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe, la une de tous les médias: Johnny Hallyday, “l’idole” de tout un pays, est mort! Eclipsant du coup toutes les autres informations et plus encore, la mort,  vingt-quatre heures auparavant  de celle de l’académicien et homme de lettres, jean D’ormesson .

La disparition d’un chanteur populaire coïncident avec celle d’un illustre homme de lettre, il est difficile de ne pas faire le parallèle avec celles, cinquante -quatre ans plus tôt, de Cocteau et de Piaf. Cette concomitance semblant marquer comme la fin d’une époque. Cocteau et Piaf incarnaient chacun à leur manière toute une génération, celle des français nés dans les années vingt  qui ont connu tour à tour, l’insouciance de la période précédant  la guerre, les affres de celle-là, puis l’euphorie des trente glorieuses.

Avec Hallyday et d’Ormesson c’était un peu la même  chose, le gamin des faubourgs, le rebelle d’un côté; l’aristocrate, le fils de diplomate de l’autre. Le diamant brut face à la gemme polie et policée, chacun reflétant l’ Ame de la France , mais de manière différente, nous irions même jusqu’à dire , l’un étant, en quelque sorte, l’antidote de l’autre.

Toutefois, d’Ormesson, aussi abordable, vulgarisateur et charismatique qu’il ait pu être, ne pourra jamais prétendre à l’universalité (contemporaine!)  d’une rock star. Cependant, même si les chansons et prestations scéniques de l’Idole des Jeunes ne contribuaient en rien à instruire ou à édifier les masses, Johnny Hallyday avait le don, par sa présence scénique extraordinaire et son implication totale, de littéralement électriser son publique. Son auditoire étant majoritairement issu des classes sociales les plus modestes et donc, de ce fait, davantage exposé au aléas et difficultés de la vie, il trouvait dans la rockstar un formidable moyen d’oublier, l’espace d’un concert, d’une chanson, tous les tracas de leur quotidien. L’on peut donc dire, que, d’une certaine manière, il aura plus contribué à aider et soutenir la classe ouvrière, que toutes les politiques dites “sociales” de ces cinquante dernières années, et qu’ à ce titre, il mérite tout notre respect.

Plus encore que l’extraordinaire showman  qu’il était, nous devrons retenir de  lui qu’il incarnait la” France  d’en bas”, celle du pays réel, celle qui se “lève tôt”, et que bien qu’adepte d’un genre très américain, il n’en demeurait pas moins un des artistes les plus “enracinés” qui soit.