“…MEMENTO QUIA PULVIS ES…”


Le Mercredi des Cendres marque le début du carême dans l’Eglise Catholique. La date de Pâques étant basée sur le calcul des cycles lunaires sa date varie d’une année sur l’autre. Cette solennité s’observe principalement dans l’Eglise Romaine. Ce jour d’austérité et de pénitence contraste avec les inévitables débordements des festivités du Mardi Gras.

Pourquoi Mercredi ” des Cendres” ? Le nom de cette solennité provient en fait de la coutume qu’ont les fidèles de se faire imposer sur le front, en guise de pénitence, de la cendre pour se remémorer que l’homme, étant mortel, n’est que poussière et qu’il y retournera, c’est d’ailleurs ce que dit le prêtre en traçant la Croix sur le front des pénitents en citant pour cela un passage des Saintes Ecritures : “…Souviens-toi que tu es poussière et que tu redeviendra poussière…”. La tradition des Cendres nous vient des premiers temps de l’Eglise où elle était réservée aux pécheurs publiques repentants; ce n’est que vers le Xème siècle que la pratique s’étendra à tous les fidèles.

Généralement, les Cendres sont obtenues en brulant les anciennes branches de buis ou d’olivier provenant du Dimanche des Rameaux de l’année précédente. Ces quarante jours de pénitence qui précèdent le dimanche de Pâques sont en quelque sorte une analogie des quarante jours passés dans le désert pendant lesquels Notre Seigneur jeuna, pria, se mortifia et fut tenté. Le disciple n’étant pas au dessus du maître, tout vrai chrétien se doit de dominer ses penchants pour ne pas être dominé par eux, en usant pour cela de la mortification des sens. C’est pourquoi, durant cette période l’Eglise demande aux fidèles de s’abstenir de certains mets ( viande, sucreries, friandises…), de relations charnelles et , si possible, de divertissements (manifestations collectives à caractère festif, internet, télévision…); le terme “divertissement” étant à considérer dans son acception première: ce qui nous détourne de Dieu, ce qui est susceptible de faire obstacle à Sa Grâce . En effet, le Carême est avant tout une période de purification, de remise en question, de préparation , de conversion : par l’ascèse, le croyant se débarrasse de tous les poisons spirituels qui, de même que les toxines empoisonnent peu à peu notre organisme, tuent peu à peu son Ame , il apprend à devenir maître de son corps plutôt que de se laisser dominer par lui, rendant ainsi le primat au spirituel et rétablissant de la sorte l’ordre naturel des choses tel que voulu par le Créateur: l’Esprit devant dominer la matière et non l’inverse …(l’ordre sur le chaos!)

Notre exil sur la terre n’est qu’un instant au regard de l’Eternité, cependant aussi bref que soit ce passage, ce sont les choix que nous auront opérés qui détermineront notre Eternité, moyennant pour cela la Sanction post mortem de l’ éternelle félicitée ou de la souffrances sans fin. Nous ne savons ni le jour et l’heure à laquelle l’Ange de la Mort viendra nous frapper; en conséquence, à l’instar des ” Vierges Sages” (cf MT25 1-13), tout croyant se doit de se tenir prêt à la venue de l’Epoux; on ne “procrastine” pas avec son Salut Eternel…