Saint Claude La Colombiere, martyre de la cause papiste.

Après notre évocation rapide de la vie de Sainte Marguerite Marie, au mois d’août, dans la rubrique “spiritualité”, nous ne pouvions pas ne pas évoquer celui qui fut son confesseur. Si, Sainte Marguerite-Marie par les grâces extraordinaires dont la gratifia Notre Seigneur, fut la “cheville ouvrière” de la dévotion au Sacré Coeur, on peut dire que saint Claude La Colombière, en sa qualité de prêtre, prédicateur et confesseur, en fut le promoteur.
Claude La Colombière naquit le 2 février 1641 à Saint Symphorien d’Ozon dans l’ancienne province du Dauphiné de Bertrand La Colombière, notaire, et Marguerite Coindat. Ses jeunes années, dont nous ne disposons que de peu d’éléments, furent apparemment heureuses, menant une vie sociale plutôt active comme la plupart des gens de son époque et de son milieu.
Assez tôt, éprouvant selon ses dires “une aversion pour la vie qu’il choisissait”, il se sentit attiré par la vie religieuse. Conséquence de cet appel à la Sainte Vocation et de ses dispositions d’âme et d’esprit, à l’âge de dix-sept ans, il entre comme novice dans la Compagnie de Jésus à Avignon, puis, accomplira ses humanités dans ce même lieu. Ses études de philosophie terminées, il est nommé professeur de littérature et de grammaire dans cet établissement.
Après cinq années passées à enseigner les 2 disciplines littéraires précitées, il est envoyé à Paris pour étudier la théologie. Remarqué pour la finesse de son esprit et son érudition, il est choisi par ses supérieurs comme précepteur des enfants du ministre Colbert.
Ses études de théologie terminées, et une fois ordonné prêtre, il retourne à Lyon, où, avant son entrée au noviciat il avait étudié la rhétorique et la philosophie, et là, continue un temps l’enseignement puis assure la prédication dans diverses congrégations.
En 1674, après 15 ans passés au sein de la Compagnie de jésus, à la faveur de la pratique traditionnelle et périodique des exercices de Saint Ignace, il fait voeux d’observer les règles et les constitutions de la Compagnie. Au cours de ces exercices il fait une expérience spirituelle de libération intérieure et voit ses capacités à ouvrir son coeur, à “se donner” aux autres dans le cadre de son ministère s’accroître avec sa charité.
En 1675, il est nommé recteur du collège de Paray le Monial et devient par la même occasion, le confesseur et directeur de conscience de Sainte Marguerite-Marie. Il est plus que probable que ses supérieurs étaient au courant des Faveurs Célestes dont le Seigneur avait gratifié la Sainte, et qu’en conséquence, il lui fallait un éminent conseiller spirituel pour éclairer son incertitude; d’ailleurs, Notre Seigneur Lui-Même, lui avait révélé qu’il lui enverrait son “fidèle serviteur et parfait ami” (voir notre précédent article à la rubrique “spiritualité du mois d’août).
Confortée par une certitude intérieure et mue pat une motion du Saint Esprit, Marguerite-Marie ouvrit son coeur au saint prêtre, qui de son côté lui assura que ses visions étaient authentiques, qu’elles n’étaient pas le fruit d’un esprit malade ni induites par le Malin , le “Singe de Dieu”.
Il lui demanda également de retranscrire par écrit tout ce qu’elle expérimentait dans son âme.
Certain lui-même, car mu par une inspiration divine, de l’authenticité des visions, le saint s’employa à propager la dévotion au Coeur Sacré de Notre Seigneur.
En 1676, après un an et demi passé à Paray le Monial, le temps probablement qu’avait fixé la Divine Providence, il part pour Londres où il est nommé prédicateur attitré de la Duchesse d’York. En plus de la mission d’instruire l’auguste personne, il oeuvrera, en outre, à ramener plusieurs “apostats” dans le giron de la Sainte Eglise Catholique et Romaine en les instruisant solidement dans la Vraie Foi, et ce, malgré les graves troubles qui agitaient le pays à cette époque. Ce travail acharné, d’apostolat, dans des conditions très difficiles, eut raison de sa santé; il fut atteint d’une infection pulmonaire, mais, malgré cela, continua inlassablement à ramener des âmes au Bon Dieu.
En 1678, il fut arrêté, car accusé calomnieusement, d’être au coeur d’un complot fomenté par les jésuites dans le but d’assassiner le roi Charles II. Malgré son très mauvais état de santé, il fut jeté en prison, il y resta trois semaines durant lesquelles il subit de graves privations qui ne firent qu’aggraver son état. Il fut finalement, par un décret royal, expulsé d’Angleterre.
Il ne recouvra jamais la santé, au contraire, son état ne fit qu’empirer.
En 1681, on le renvoya à Paray où il rendit son âme à Dieu le 15 février 1682.
Il fut béatifié sous le pontificat de Pie XI en 1929 puis canonisé par le pape Jean Paul II en 1992.
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Charles Meret Zolver

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