Epiphanie de Notre Seigneur

Le terme Epiphanie nous vient du grec, il signifie “manifestation, apparition”, encore appelée théophanie.Cette solennité est traditionnellement célébrée le six janvier, ou bien, depuis la réforme liturgique, le dimanche suivant le premier janvier.
En occident, cette fête commémore l’adoration des mages et par extension la Manifestation de Notre Seigneur à la gentilité, alors que dans les églises d’orient on a coutume de célébrer la Baptême de Notre Seigneur, tant il est vrai que c’est à cette occasion que la Divinité du Sauveur s’est manifestée de la manière la plus explicite par la Voix du Père se faisant entendre à de nombreux témoins.
Primitivement, on avait coutume d’honorer conjointement la Naissance et l’épiphanie du Divin Messie au cours d’une même solennité, ce qui est toujours le cas, sauf erreur de notre part, dans l’Eglise Apostolique Arménienne.
La fête de l’épiphanie fait partie du cycle de Noël, son origine est païenne et se situe dans le prolongement des célébration du solstice d’hiver qui marque le ralongement des jours et symboliquement le retour du Sol-invictus. Il est impossible également de ne pas faire le rapprochement avec les saturnales romaines. Notons aussi que le nombre de jours séparant la Nativité de l’adoration des mages est de douze, chiffre hautement symbolique et correspondant au décalage entre les calendriers solaire et lunaire.
Il semble que l’usage de séparer la Nativité de l’Epiphanie remonte, pour l’occident, à la seconde moitié du IVème siècle, contrairement aux églises d’orient qui n’opèreront cette distinction que plus tardivement voir même ne l’opèreront pas comme les arméniens.

Que sait-on au juste des mages?

A vrai dire pas grand chose, les évangélistes ont été très peu prolixes à leur sujet et ne font mention ni de leur nombres exact ni de leur qualité de souverain, tout au plus sait-on qu”…’ils était mages et venus d’orient…”. La “Légende Dorée” ainsi que certaines traditions se chargeront de combler ces lacunes. Toutefois, plusieurs mystiques, notamment la Bienheureuse Ann-Kathrin Emmerich* et plus près de nous Maria Valtorta (non reconnue encore pas les autorités ecclésiastiques mais digne de foi selon le Saint Padre Pio) reçurent par le biais de leurs “charismes” des révélations sur la vie publique et cachée de Notre Seigneur et nous ne pouvons que renvoyer le lecteur à la consultation de certains ouvrages*
D’après les récits de ces âmes expiatrices, les mages étaient bien au nombre de trois et ils régnaient effectivement dans de lointaines contrées.
Le chiffre trois représente également, en l’occurrence, les trois continents constitutifs de l’Ancien Monde païen auquel est apporté le Salut, qui désormais, n’est plus l’apanage exclusif du Peuple Elu.

D’où vient la coutume de tirer les rois ?

Une fois de plus le rapprochement avec d’antiques et païennes pratiques est évident; les romains, à l’époque des Saturnales, avaient coutume de se partager un “grand gâteau doré ” dans lequel il plaçaient un pièce de monnaie ou bien une fève potagère, celui des commensaux dont la part contenait l’objet convoité, devenait le “roi” d’un jour, il pouvait, par exemple, manger ou boire ce qu’il voulait; s’il était serviteur, il pouvait, dit-on, commander à son maître.
Autre origine, plus conforme aux “canons” de la “morale chrétienne”, celle-ci: au XIVème siècle, une communauté religieuse de la région de Besançon avait pris l’habitude, chaque année, de désigner le frère qui devait prendre la tête de son Chapitre au moyen d’une pièce de monnaie placée dans un pain. Très rapidement, parait-il, les religieux décidèrent de remplacer le pain par une brioche…

L’Eglise n’a pas toujours vu d’un très bon oeil ces usages, survivances d’antiques coutumes païennes, qui donnaient lieu parfois à des débordements pas toujours contrôlables. Quoiqu’il en soit, ce partage du “gâteau des rois” prenant la forme d’une galette dans la majeure partie de notre pays ou de celle, plus localement dans certaine régions du sud d’une brioche agrémentée de fruits confits, outre le fait qu’il commémore l’incarnation de Notre Sauveur, sans le Sacrifice Duquel , les portes du Ciel, quelles que soient nos bonnes actions accomplies, nous resteraient définitivement fermées,  constitue un moment convivial et festif   ainsi que l’incarnation d’une tradition dont notre société, déshumanisée et affectée qu’elle est par les changements de paradigmes des bases culturelles de la parenté, a plus que jamais  besoin.

Charles Meret Zolver

* Les visions  de la Bienheureuse Anne- Catherine Emmerich sur la Vie et la douloureuse Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ    sont encore
disponibles en format broché aux Editions Téqui

* Les écrits de Maria Valtorta sont disponible aux Editions du PARVIS

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