Origines du culte des Saints Anges dans l’Eglise Catholique.

ange gardien

 

Les Saintes Ecritures mentionnent qu’ “au commencement Dieu créa le Ciel”, Les Pères de l’Eglise nous enseignent qu’en cela il faut entendre que dés le commencement Dieu créa à la fois l’ange et le monde*.

Substances immatérielles, ils sont nommés de très diverses manières dans nombre d’écrits vétéro-testamentaires: “Armée de Dieu”, “Ministres du Seigneur”, “Choeurs Célestes”; cette liste, bien entendu, n’est pas exhaustive, tant il est vrai qu’un tel travail de recension des dénominations angéliques s’avèrerait plus que fastidieux, leur énumération, d’ailleurs dépasserait la faiblesse des calculs humains.

Cependant, Denys l’Aréopagite, un des pères de l’Eglise, est parvenu à définir leur hiérarchie, elle comprend neuf ordres: Anges, Archanges, Vertus, Puissances,Principautés, Dominations,Trônes, Chérubins et Séraphin.

Leur essence, toute spirituelle, d’une nature immatérielle, immortelle et incorruptible les rend supérieur à l’homme, asservit par son corps, à la matière.

De fait, dans le plan divin de la création, ces esprits célestes occupent le premier rang, ils reflètent la parfaite harmonie de Dieu, dont le monde matériel est en quelque sorte l’image visible, quoi qu’altérée depuis la chute originelle.

Les Saintes Lettres nous enseignent également que ces créatures, de par l’immatérialité et l’impeccabilité de leur nature, sont, avant toute autre fonction, destinés à servir et chanter une hymne sans fin à la Gloire de Dieu; et, par des voies mystérieuses, à présider aux mouvements des cieux, l’apocalypse notamment, nous parle de ceux qui commandent aux vents, aux tempêtes, qui dirigent le cours des astres…

Toutefois, toutes spirituelles que soient ces créatures angéliques, certaines d’entre elles n’en sont pas moins préposées à des tâches, en apparence, plus matérielles; par exemple, dans le livre de Daniel, il est fait mention de l’ange qui veille sur les destinées des perses, des grecs et des hébreux.

Dans un même ordre d’idées, un autre père de l’Eglise, Saint Ambroise, nous dit que “Le Seigneur n’a pas chargé seulement les évêques de la conduite du troupeau fidèle, il y’a destiné les anges eux-mêmes”. En conséquence, chaque nation,chaque cité, chaque communauté, chaque être humain bénéficie du conseil et de l’égide de son céleste compagnon.

Comment, l’erreur, le chaos, le mal se produisirent-ils au sein de tant d’harmonie et de lumière? L’écriture ne nous dévoile pas intégralement ce mystère d’iniquité, tout au plus fait- elle mention de la chute du plus illustre des anges rebelles en ces termes: “…Comment es-tu tombé du Ciel, Lucifer, astre brillant du matin ? Tu disais dans ton coeur: j’élèverai encore mon vol vers les cieux; je placerai mon trône sur les astres de Dieu, je m’environnerai de la majesté des nues, et je serai semblable au Très-Haut!Te voilà maintenant plongé dans les profondeurs de l’abîme” (Isaïe ). Selon Saint Augustin, Dieu voulut, comme par forme de respect envers sa création, laisser à l’ange, comme il le fit plus tard pour l’homme, la liberté . L’orgueil fut donc la cause de cette épouvantable chute. D’après les théologiens, une majorité d’esprits célestes demeurèrent fidèles, un tiers environ, se perdirent. La Tradition nous rapporte que tandis que Lucifer et les anges rebelles nourrissaient leurs funestes desseins, l’archange Saint Michel,véritable héraut du Très Haut, dont le nom signifie “qui est comme Dieu(?)”, pris la tête des légions célestes et, nous dit l’apocalypse, “cet antique serpent qui séduit tout l’univers, fut précipité avec ses compagnons des splendeurs du Ciel”.

Les esprits angéliques apparaissent tout au long des Saintes Ecritures : le prophète Daniel les contemple, dans une vision, autour du Trône de Dieu. L’archange Raphaël accompagne le jeune Tobie tout au long d’un périple au cours duquel il l’aidera même à chasser une créature démoniaque, en l’occurrence Asmodée, qui infestait sa promise. L’archange Gabriel prédit à Zacharie la naissance du Précurseur. Des anges annoncent aux Saintes Femmes la Résurrection de Notre Seigneur.

Nos prédécesseurs, et ce , dés les premiers temps du christianisme, eurent recours à l’intercession des hiérarchies célestes, certaines hérésies, même, se propagèrent affirmant que les anges étaient des médiateurs nécessaires entre Dieu et ses créatures mortelles. Bien vite, les pères de l’Eglise ont rejeté cette erreur et enseigné que l’Unique Médiateur entre Dieu et les Hommes, et donc le pontife par Excellence, était Notre Seigneur Jésus-christ.

Même si les premiers chrétiens avaient coutume d’invoquer les saints anges, aucune solennité ne leur fut consacrée durant les quatre premiers siècles de l’Eglise.

La solennisation de leur culte public eut lieu à la faveur d’un événement extraordinaire, survenu en l’an de Grâce 492 sous le pontificat de Gélase 1er:

dans la région de Siponte, en Italie, un riche propriétaire terrien avait l’habitude d’envoyer paître ses troupeaux sur les flancs du Gargano. Or, Il advint qu’un jour, un taureau échappa à la vigilance des bergers. Ceux-ci, accompagnés de leurs maîtres se mirent donc à sa recherche. On finit par le découvrir sur la cîme la plus escarpée de la montagne, à l’entrée d’une grotte que personne jusque là n’avait encore explorée. L’animal surplombant ses poursuivants menaçait de les écraser, le maître leur fit signe de s’écarter pour se protéger, et, s’abritant lui-même derrière un rocher, il saisit son arc et décocha vers le farouche bovidé, un trait, dit-on, empoisonné; mais la flèche, bien que n’ayant rencontré aucun obstacle, à mi-course revint sur elle-même et frappa celui qui l’avait lancée.

Les circonstances, pour le moins étranges de la mort de cet infortuné propriétaire terrien jetèrent le trouble dans toute la région. Les habitants consultèrent l’Ordinaire des lieux qui ordonna un jeûne de trois jours. A la fin de cette période, un ange lui apparut lui disant qu’il était l’Archange Saint Michel “Un de ceux qui se tiennent sans cesse devant la Face du Seigneur. J’ai choisi ce lieu pour être vénéré sur la terre; j’en serai le protecteur à jamais”. Peu après, les habitants de la ville accompagnés de l’évêque, se rendirent processionnellement sur le rocher et firent des prières publiques en l’honneur de l’archange.

Quelques temps plus tard, alors qu’un parti ennemi menaçait la ville de Siponte et que la bataille allait s’engager, il se produisit une forte secousse sur le Monte Gargano, dont le sommet était recouvert d’une épaisse fumée fuligineuse; de cette nuée la foudre jaillit et vint frapper, à de multiples reprises,l’ennemi, qui fut anéanti grâce à ce secours miraculeux. Dés lors, les habitants exécutèrent de titanesque travaux afin de faciliter l’accès à la cime. En outre, la grotte naturelle fut transformée en Eglise en usant pour cela des matériaux les plus précieux. La dédicace solennelle eut lieu le 29 septembre.

Autre manifestation du Prince des Armées Célestes: Environ un siècle après les événements précités, une terrible épidémie de peste sévissait dans la région de Rome, le pontife lui-même en fut victime, son successeur, Saint Grégoire le Grand, ordonna un triduum de pénitences et de processions solennelles. Le Souverain Pontife, lui-même, prit la tête du cortège, vêtu d’un habit de pénitence, nus-pieds, tenant dans ses mains l’Icone Miraculeuse de la Mère de Dieu, peinte par Saint Luc. La procession traversa toute la ville, de Sainte Marie Majeure à Saint-Pierre. Les chroniqueurs de l’époque rapportent que durant ce parcours quatre-vingts personnes moururent, frappées par la terrible maladie. Le cortège arrivant sur le pont qui faisait face au Môle d’Adrien, un fait extraordinaire survint:

tous les participants et assistants entendirent dans les airs, des choeurs angéliques entonnant le Regina Coeli. Le peuple s’agenouilla, Saint Grégoire entonna le repons:”Ora pro nobis Deum, alleluia !”. Au moment précis ou le saint pontife achevait de répondre à la céleste hymne, au fait du monument, apparut un ange tenant à la main un glaive nu qu’il rentrait dans son fourreau. A partir de ce moment l’épidémie cessa et ne fit plus une seule victime.

Conséquence de ces prodiges, le Môle d’Adrien fut rebaptisé “Château Saint-Ange”, on sculpta une statue représentant l’Archange aussi conforme que possible aux descriptions de saint Grégoire.

Naturellement, notre belle France, bénéficia aussi des faveurs du Prince des Milices Célestes. L’épisode le plus marquant et le plus connu de nos compatriotes étant naturellement l’apparition datée de l’an 708, à l’évêque Aubert, qu’il missionna pour édifier une église et un monastère au sommet du Rocher de la Tombe, qui deviendra, le mondialement connu, Mont Saint- Michel. Volontairement, nous ne nous attarderons pas sur ces événements, tant la littérature est abondante sur ce sujet et ne pouvons qu’y renvoyer le lecteur. Précisons simplement que la dédicace de ce sanctuaire eu lieu le 16 octobre 708.

Cette protection spéciale des saints Anges, et de saint Michel en particulier dont jouit notre Patrie, rappelons au passage que l’illustre Archange, après la Très Sainte Vierge Marie, est le Patron secondaire de la France, très tôt , incita les puissants à recourir à ses suffrages, ainsi, Charles Martel, puis Charlemagne firent bénir leurs épées au Mont Saint-Michel.

A la faveur de ces grâces célestes, la dévotion aux saints anges alla croissant, nombre d’églises  leurs  furent dédiées . Le roi Louis XI fit même instituer un ordre militaire de Saint Michel.

Bien plus tard, Léon XIII ordonnera que soit récitée à la fin de chaque messe basse, une prière, ayant quasiment valeur d’exorcisme, en l’honneur du saint Archange . Cet acte de piété, malheureusement, n’est plus accompli que dans la forme dite “extraordinaire” du rite. Etant donné l’état de total délabrement spirituel de nos sociétés, il serait plus qu’opportun de restaurer cette pieuse pratique.

Il restait à l’Eglise à solenniser le dogme de l’existence des anges gardiens, ce qui fut fait, sur les sollicitations de l’emperereur Ferdinand d’Autriche, par le pape Paul V, qui, dans une bulle du 27 septembre 1506,établit leur fête et la fixa au “premier jour vacant après la Saint-Michel”. Ce n’est qu’en 1670, que le pape Clément X, l’étendra à toutes les églises et en fixera la date au 2 octobre.

Quoi de plus consolant que de savoir qu’à nos côtés, se tient un céleste compagnon, invisible à nos yeux, mais bien réel, qui nous assiste en permanence, dirige nos pas, si nous l’invoquons et savons l’écouter, dans les voies du Seigneur. Conscients de cette insigne grâce, que nous a fait le Bon Dieu, de nombreux grands saints et mystiques, mieux disposés sûrement, et plus réceptifs, peut-être, que la majorité des hommes, les consultaient, conversaient familièrement avec eux, les voyaient même; citons parmi les plus “contemporains”:

Le saint Padre Pio, La stigmatisée Theresia Neumann, Mechtilde Thaller, la vénérable Marthe Robin…

En ces temps de chaos, de régression spirituelle, d’incertitude, sachons faire silence en nous-même et écouter la petite voix de notre bon ange, plutôt que les sirènes du tentateur . Ainsi, nous éprouverons un sentiment de gratitude envers notre Créateur et entreront dans un état de sérénité que, si nous le désirons vraiment, rien ne viendra troubler.

Charles MERET ZOLVERange bebe

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