La France d’en bas pleure son “idole”

Mercredi six décembre 2017, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe, la une de tous les médias: Johnny Hallyday, “l’idole” de tout un pays, est mort! Eclipsant du coup toutes les autres informations et plus encore, la mort,  vingt-quatre heures auparavant  de celle de l’académicien et homme de lettres, jean D’ormesson .

La disparition d’un chanteur populaire coïncident avec celle d’un illustre homme de lettre, il est difficile de ne pas faire le parallèle avec celles, cinquante -quatre ans plus tôt, de Cocteau et de Piaf. Cette concomitance semblant marquer comme la fin d’une époque. Cocteau et Piaf incarnaient chacun à leur manière toute une génération, celle des français nés dans les années vingt  qui ont connu tour à tour, l’insouciance de la période précédant  la guerre, les affres de celle-là, puis l’euphorie des trente glorieuses.

Avec Hallyday et d’Ormesson c’était un peu la même  chose, le gamin des faubourgs, le rebelle d’un côté; l’aristocrate, le fils de diplomate de l’autre. Le diamant brut face à la gemme polie et policée, chacun reflétant l’ Ame de la France , mais de manière différente, nous irions même jusqu’à dire , l’un étant, en quelque sorte, l’antidote de l’autre.

Toutefois, d’Ormesson, aussi abordable, vulgarisateur et charismatique qu’il ait pu être, ne pourra jamais prétendre à l’universalité (contemporaine!)  d’une rock star. Cependant, même si les chansons et prestations scéniques de l’Idole des Jeunes ne contribuaient en rien à instruire ou à édifier les masses, Johnny Hallyday avait le don, par sa présence scénique extraordinaire et son implication totale, de littéralement électriser son publique. Son auditoire étant majoritairement issu des classes sociales les plus modestes et donc, de ce fait, davantage exposé au aléas et difficultés de la vie, il trouvait dans la rockstar un formidable moyen d’oublier, l’espace d’un concert, d’une chanson, tous les tracas de leur quotidien. L’on peut donc dire, que, d’une certaine manière, il aura plus contribué à aider et soutenir la classe ouvrière, que toutes les politiques dites “sociales” de ces cinquante dernières années, et qu’ à ce titre, il mérite tout notre respect.

Plus encore que l’extraordinaire showman  qu’il était, nous devrons retenir de  lui qu’il incarnait la” France  d’en bas”, celle du pays réel, celle qui se “lève tôt”, et que bien qu’adepte d’un genre très américain, il n’en demeurait pas moins un des artistes les plus “enracinés” qui soit.

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